A. Penot

Traduction du CoranSi l'on admet que le Coran est insondable et à fortiori intraduisible, pourquoi en avoir entrepris une énième traduction ?

Nous répondrons tout d'abord que c'est précisément sa complexité qui justifie cette multitude d'approche que l'on peut en conséquence considérer comme toutes fondées. Si nous prenons la traduction de tel éminent historien à titre d'exemple, elle entend restituer la littéralité du texte d'une manière systématique, ce qui la rend souvent dissonante pour une oreille francophone. Cela étant, même si nous nous refusons à adopter une telle méthode, nous admettons bien volontiers que ce parti pris a été l'occasion d'une traduction qui n'est pas sans mérites. Et l'on pourrait en dire autant de la plupart des traductions dont la perspective a souvent été leur force et leur faiblesse à la fois.

Pour ne pas déroger à la règle, nous nous sommes fixé un objectif limité, sans être assuré autant de l'avoir atteint : il nous a semblé, quant à nous, qu'il n'existait aucune traduction qui s'adresse à un public peu au fait des bases les plus élémentaires de l'Islam. Rendre le Coran « accessible » à tous sans jamais le trahir, tel a été notre but, mais, quels que soient les mérites de cet essai, nous ne serons pas assez insensé pour prétendre avoir mis au jour « la » traduction. Si, simplement, nous entendions dire que la lecture du Coran paraissait plus abordable à certains dans la présentation que nous en avons faite, nous aurions amplement atteint notre but. Que l'on s'attende donc pas à des commentaires qui fassent appel à une exégèse subtile. Nous n'avons délibérément retenu que ceux des commentaires traditionnels qui visaient à éclairer le sens le plus immédiat.